La compagnie aérienne Qatar Airways a dit regretter l’incident. Mais il n’est pas sur que ses excuses réussissent à effacer le traumatisme chez ses passagères.

Le 2 octobre 2020, un avion de la compagnie aérienne Qatar Airways s’apprête à quitter la piste de l’aéroport de Doha en direction de Sydney en Australie, lorsque treize Australiennes à bord sont débarquées par les autorités de l’espace frontalier. L’avion restera quatre heures encore au sol et pour des raisons ahurissantes.

Les treize femmes ont été ensuite conduites dans une ambulance postée sur le tarmac où elles ont été contraintes de subir des tests gynécologiques. « (Les fonctionnaires) forçaient les femmes à subir des examens corporels essentiellement des tests forcés de Papanicolaou (des frottis, ndlr) », a rapporté une source à l’AFP.

La raison de cette violation des droits de ces femmes ? Un nouveau-né laissé dans les toilettes de l’aéroport. « Le personnel médical avait exprimé ses inquiétudes aux responsables de l’aéroport concernant la santé et le bien-être d’une mère qui avait juste donné la vie et demandé à la localiser avant qu’elle ne parte. Les individus ayant eu accès au secteur de l’aéroport où le nouveau-né a été trouvé ont été invités à participer aux recherches », a expliqué l’aéroport de Doha.

L’établissement indique par ailleurs que « le nouveau-né reste non-identifié, mais il est en bonne santé aux mains du personnel médical et social ». Seulement, le mal être causé à ces femmes n’aura servi à rien puisque dimanche, les autorités de l’aéroport ont fait passer une annonce, demandant à la parturiente de donner signe de vie.

Le 26 octobre, Marise Payne, ministre australienne des Affaires Étrangères, a exprimé la colère de son pays face à cet acte. « Il s’agit d’une suite d’événements extrêmement, extrêmement perturbante, choquante, préoccupante. Jamais de toute ma vie je n’ai entendu parler d’une chose pareille (…) Nous avons officiellement déclaré nos sérieuses inquiétudes par rapport à cet incident auprès des autorités qataries et nous avons été assurés que des informations transparentes et détaillées nous seront données prochainement », a-t-elle déclaré.

Une enquête a donc été ouverte au Qatar contre les responsables de l’aéroport de Doha. Cependant, il semblerait que les treize Australiennes du vol de Qatar Airways n’ont pas été les seules à être victimes de ces tests gynécologiques d’un autre genre. D’autres femmes, sur d’autres vols, auraient aussi été contraintes de les passer.